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♾️Wim Hof et l’héritage des sagesses du souffle
À méditer... 💬
Chers tous,
Aujourd’hui, je vous propose un regard plus profond sur une pratique de respiration que beaucoup d’entre vous connaissent : celle popularisée par Wim Hof.
Derrière son apparente simplicité, elle ouvre à une compréhension profonde et une expérience directe du lien entre souffle, physiologie, conscience et transformation.
Ce type de respiration s’inscrit dans une lignée ancienne, des mémoires multilinéaires quant à l’alchimie interne que l’on retrouve dans les traditions yogiques, bouddhistes, chamaniques ou taoïstes.
À travers la lettre du jour, je vous invite à découvrir ce qui opère dans le corps, dans l’esprit, dans les états de conscience que le souffle sous cette forme permet de rencontrer.

Il existe dans le souffle une intelligence fondamentale que nous avons oubliée.
À force de vivre en apnée dans nos rythmes pressés, nous avons perdu le lien simple avec cette fonction vitale qui nous relie à tout ce qui est. Respirer consciemment, c’est déjà revenir à notre essence.
La respiration Wim Hof en est une expression puissante et contemporaine. Ceux qui l’ont pratiquée le savent, elle ouvre un état particulier, une présence à la fois ancrée et élargie, une énergie à la fois apaisée et activée. Ce qui semble parfois mystérieux trouve en réalité une explication précise, le corps répond à une logique, et c’est ce qui rend cette approche si fascinante et si populaire. Elle est simple et agit au cœur de notre physiologie, là où souffle et conscience se rencontrent.
Cette respiration consiste en une succession de cycles d’(hyper)ventilation consciente et volontaire (à ne pas confondre avec l’hyperventilation involontaire liée à l’excès de stress) suivis d’apnées, poumons vides. Ce que l’on perçoit parfois comme une hyperventilation n’a ici rien de désordonné, il s’agit d’un travail rythmique et intentionnel du souffle.
Cette pratique suit une structure précise, un cycle se compose en général de 30 à 40 respirations profondes, amples et rythmées. L’inspiration est dynamique, volontaire, pleine, on remplit les poumons en suivant un mouvement de vague : ventre, cage thoracique, clavicule. L’expiration, est passive, relâchée, sans forcer, comme un grand soupir naturel. Il n’y a aucune pause entre l’inspire et l’expire, ce qui crée un rythme continu et fluide.
Ces cycles respiratoires sont souvent pratiqués par la bouche, ce qui permet une ventilation plus rapide et une activation plus directe du système nerveux. Cela dit, elle peut aussi se faire par le nez, ce qui favorise une activation plus parasympathique (calmante). Le nez (organe essentiel de la respiration) régule, la bouche active. Le choix dépendra du niveau de pratique, de l’objectif de la session et de la sensibilité de chacun.
À l’issue de ces 30 à 40 respirations, on bascule en rétention poumons vides, c’est-à-dire après une expiration passive, on reste sans respirer. Ce moment, appelé apnée à vide, dure entre 30 secondes et parfois plusieurs minutes, selon l’expérience et l’état du corps. Malgré l’absence d’air, l’envie de respirer se fait attendre, car le niveau de CO₂ est très bas, modifiant le seuil de perception respiratoire.
Dans cette suspension, le corps s’adapte, le manque momentané d’oxygène, appelé hypoxie, déclenche des mécanismes de régénération profonds : libération d’adrénaline, stimulation de la production de globules rouges, renforcement des mitochondries. À travers ce processus, l’organisme affine ses réponses et gagne en résilience.
Lorsque l’envie de respirer revient, on prend une grande inspiration profonde, que l’on garde environ 10 à 15 secondes, poumons pleins. Ce temps permet de recalibrer l’organisme, d’intégrer l’énergie, et de ramener de l’équilibre dans le système.
Un protocole classique comprend en général 3 à 5 cycles complets de cette séquence : respiration rythmée, apnée à vide sur des durées croissantes à chaque rounds, rétention courte poumons pleins. L’expérience devient de plus en plus profonde au fil des cycles.
La respiration Wim Hof agit également sur le système nerveux autonome, que nous considérons souvent comme hors de notre contrôle, alors qu’à travers le souffle, et une présence plus profonde nous pouvons influencer notre état intérieur.
Des études l’ont confirmé : des pratiquants entraînés à cette méthode, combinant respiration, méditation et exposition volontaire au froid ont réagi avec justesse à une toxine bactérienne, là où d’autres développaient fièvre et douleurs. Leur “secret” résidait dans une activation consciente du système nerveux et une réponse immunitaire harmonieuse. Le souffle devenait ainsi un moyen de rétablir l’ordre naturel du corps et d’activer des mécanismes profonds de renforcement.
Mais réduire cette approche du souffle à la biologie serait passer à côté de son essence. Durant les pratiques, à mesure que la respiration nous porte, le mental se tait et la conscience s’ouvre. C’est une manière d’habiter le vivant sans chercher à le contrôler, d’apprendre à traverser, à s’en remettre à bien plus grand plutôt qu’à résister. L’effet le plus marquant est la bascule de l’état de conscience.
La voie du souffle n’est pas né avec Wim, même si son œuvre a été décisive pour notre époque. Elle trouve ses racines dans les pranayamas les plus profonds et anciens du yoga, dans le Tummo tibétain, dans certaines traditions chamaniques. La sagesse d’alterner activation et rétention, de jouer avec le souffle et son énergie vitale comme on joue d’un instrument sacré, est universelle et ancestrale.
Ce que Wim a fait est remarquable, il a rendu ces pratiques accessibles au plus grand nombre, il les incarne avec simplicité et feu, il les a partagées au monde avec une foi rare, ancrée dans l’expérience directe et l’exploration. Je veux ici saluer son travail et lui rendre hommage, Wim est un frère et un mentor. Ce qu’il transmet dépasse largement une méthode, c’est un rappel de notre capacité à nous réguler, à nous rencontrer, à (re)devenir autonomes et à nous transcender.
Au-delà de la méthode Wim Hof, on retrouve aujourd’hui des structures similaires en alternant activation et rétention pour créer du contraste afin que quelque chose de plus essentiel apparaisse, comme dans de nombreuses formes de breathworkcontemporain : certaines plus axées sur la guérison émotionnelle, d’autres sur la résilience physiologique, l’exploration de la conscience, la performance sportive, l’introspection ou l’optimisation mentale…
Toutes, d’une manière ou d’une autre, rejoignent ce point essentiel : nous enseigner que notre souffle est un pont entre les mondes, entre l’invisible et le tangible, entre l’ombre et la clarté, entre Yin et Yang, entre l’ombre et la lumière de la conscience.

Je vous donne rendez-vous mardi prochain ou nous aborderons le thème de la loi de l’attraction.
Ensemble,
Staiv
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