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♾️ Rien n'est séparé
À méditer... 💬
Chers tous,
Nous avons appris à découper le monde pour le comprendre. À distinguer le corps de l’esprit, la matière de l’énergie, le sacré du profane, Dieu de la création, soi des autres. Ces distinctions nous permettent de fonctionner, de penser, de structurer la réalité. Elles sont utiles. Mais sont-elles vraies au sens absolu ?
À mesure que certaines lignées contemplatives continuent de faire vivre et de transmettre des sagesses ancestrales fondées principalement sur l’expérience intérieure, et que la science contemporaine affine sa compréhension du vivant, une intuition commune ne cesse de réémerger : la séparation pourrait n’être qu’un prisme perceptif, un outil de lecture du réel, loin d’être sa nature ultime.
Dans le vocal d’aujourd’hui, je vous propose d’explorer cette question sans dogme et sans croyance, avec lucidité et profondeur. L’intention n’est pas d’adopter une nouvelle idée cosmique, mais d’investiguer réellement ce que cela change dans notre manière de percevoir le monde, nous-mêmes et notre place dans le mouvement total de la vie.
Car si rien n’est réellement séparé, alors notre manière individuelle et collective de penser, d’agir et de vivre ne peut plus rester la même.

Programme :
🔊 De vive voix : Ce qui semble fragmenté ne l’est-il que dans l’esprit ? La conscience est-elle l’origine de tout ?
❓ Nos échanges : Que se passe-t-il lorsque, dans une pratique, on ne sent plus son corps et qu'on accède à un état de pure conscience ?
💬 Une citation de Mooji pour réfléchir.

🔊 De vive voix
Ce qui semble fragmenté ne l’est-il que dans l’esprit ? La conscience est-elle l’origine de tout ?
Si l’on considère sérieusement l’idée que rien n’est séparé, alors cela ne peut pas rester une simple vision cosmologique ou poétique. Cela devient une responsabilité existentielle.
Segmenter la réalité est une nécessité fonctionnelle de l’esprit humain. Sans découpage, pas de langage, pas d’évolution, pas d’organisation. Mais lorsque ces découpages sont pris pour la réalité elle-même, nous commençons à vivre dans des abstractions. Nous parlons de Dieu et du monde “des humains” comme de deux choses distinctes. Nous parlons de matière et d’énergie comme de catégories séparées. Nous parlons de soi et des autres comme d’entités isolées.
Or, si la conscience est la trame première, si elle est à la fois information, énergie et organisation de la matière, alors ce que nous appelons “individuel” n’est qu’une modulation et une interprétation locale d’un mouvement infiniment plus vaste. Cela ne diminue pas l’humain. Cela le replace dans l’architecture du cosmos.
Dans cette perspective, la séparation n’est pas une faute morale, elle est une construction perceptive, conditionnée par notre civilisation. Une construction utile, parfois même vitale à petite échelle, notamment dans des situations de danger réel et immédiat, mais fondamentalement insuffisante et aveugle dès que l’on cherche à appréhender le réel dans sa profondeur.
Et cette limitation n’est pas abstraite. Elle influence notre manière d’agir, d’aimer, de travailler, de consommer, de nous positionner face aux autres et face au vivant. Lorsque nous nous pensons séparés, nous défendons, nous comparons, nous accumulons, nous opposons. Lorsque nous pressentons l’interdépendance, nos choix changent, notre responsabilité change, notre manière d’être change profondément.
Ce n’est donc pas une spéculation métaphysique. C’est une question de lucidité appliquée à nos actes les plus concrets.
La question n’est donc pas de croire en une unité cosmique. La question est de voir si, dans votre expérience directe, vous pouvez percevoir que chaque pensée, chaque émotion, chaque action s’inscrit dans un champ relationnel total. Rien n’est isolé, rien n’est autonome au sens absolu. Tout interagit, tout informe, tout modifie.
Lorsque l’on parle de conscience comme matrice, on ne parle pas d’un concept spirituel vague. On parle d’un principe organisateur. Un principe qui précède nos catégories et qui ne se laisse pas enfermer dans nos symboles. Appeler cela “Dieu”, “Conscience”, “Champ unifié” ou autrement ne change rien à l’essentiel : le mot n’est qu’un doigt, le réel qu’il pointe reste incommensurable.
Mais cette incommensurabilité n’est pas un obstacle, elle est une invitation. Elle invite à l’humilité de l’intellect et à la maturité du ressenti. Non pas croire, non pas imaginer, mais sentir et savoir que ce qui vit en vous n’est pas séparé de ce qui organise les galaxies. Ce n’est pas une idée grandiose, c’est une continuité simple et logique si l’on pousse l’observation jusqu’au bout.
Et si cela est vrai, alors chaque existence humaine devient une technologie de la conscience se rencontrant et s’expérimentant elle-même. Chaque forme de vie est une interface spécifique permettant à l’intelligence du vivant d’explorer certaines fréquences, certaines possibilités, certaines expériences. Il réside en tout cela un ordre supérieur que le mental ne peut saisir et qui paradoxalement, est encodé dans chacune de nos cellules.
Ce que vous appelez “vous” n’est pas un fragment isolé perdu dans un univers indifférent. C’est une expression localisée dans l’espace-temps, d’un mouvement total. Un mouvement qui se pense, se ressent et se transforme à travers nous, à chaque instant.
À partir de là, la spiritualité cesse d’être une croyance. Elle devient une manière de vivre en cohérence avec cette réalisation.
Bonne écoute.

❓ Nos échanges
Question : Que se passe-t-il lorsque, en méditation ou en respiration consciente, la sensation du corps et la pensée semblent disparaître, et qu’il ne reste qu’une conscience sans pensée ni penseur ?
Ces moments où la sensation du corps se dissout, où la pensée s’efface, où il ne reste que la conscience sans penseur, marquent une bascule fondamentale, une réalisation directe de ce que peut être appelé un état non-duel.
Ils sont souvent brefs au début, impossibles à provoquer volontairement par la pensée, et témoignent d’une ouverture réelle au champ de la Conscience, avec un grand C. Et comme tu l’as vécu, c’est parfois précisément lorsque cette présence devient plus vaste que le mental revient, pour commenter, reprendre les commandes, y apposer son filtre, celui de l’ego, comme s’il voulait s’assurer qu’il existe encore.
C’est naturel, et cela nous enseigne beaucoup sur le fonctionnement du mental et de notre mode de perception du réel. L’important n’est pas de s’y attacher ni de rechercher ces états comme des trophées, mais de reconnaître cet espace lorsqu’il s’ouvre, de le laisser “te” toucher, s’élargir, enseigner, et de poursuivre la pratique avec ouverture, sans attente.
Avec le temps et la régularité, ces bascules deviennent plus familières. Elles ne dépendent pas d’une intensité particulière, mais d’un approfondissement tranquille, d’un contact sincère avec ce qui est. Plus on avance, plus on comprend et ressent intimement comment le souffle, la présence et la répétition des pratiques transforment nos états intérieurs et par extension notre vie.
C’est là qu’une autre relation à soi s’installe, pas dans la quête de « performances méditatives », mais dans un retour de plus en plus simple et dépouillé à ce que nous sommes déjà. Un accès direct à notre être véritable, à une paix intrinsèque et au potentiel créateur qui en émane naturellement.

💬 Une citation pour réfléchir :
« Ce que vous êtes est antérieur à toute expérience, même à celle du corps et de l’esprit. »

Cette édition prend fin ici. Puissiez-vous y trouver ce qui fait écho à votre cheminement.
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour continuer de nous éveiller,
Ensemble
Staiv
Un mot pour terminer
Si cette édition vous a plu et a résonné pour vous, je vous invite à le partager ici. ⬇
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