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♾️ La peur, une manifestation de l'ego
À méditer... 💬
Cher tous,
Aujourd’hui, j’aimerais vous inviter à explorer la relation entre l’ego et la peur. Non pas comme deux entités séparées, mais comme deux expressions d’un même mouvement, celui de la pensée.
Bonne réflexion. 🙏🏻

Il y a une confusion fréquente dans le cheminement intérieur : croire que l’ego, la représentation de soi, serait une entité isolée, autonome, qui se tiendrait à part de nos peurs.
Mais si l’on regarde de plus près, si l’on observe avec lucidité les pensées et “nos” réactions, “nos” tensions… on découvre que l’ego n’existe pas sans peur. Il en est une manifestation, un structure mentale de réponse, une stratégie de survie.
Quand vous ressentez le besoin d’être reconnu, validé, aimé… que se passe-t-il en réalité ? Une peur sous-jacente agit. Une peur d’être, dépassée voir annihilée, de ne pas exister, de ne pas être à la hauteur. Ce sont ces peurs-là qui donnent naissance aux constructions de l’ego : je suis ceci, je dois devenir cela, il faut que je contrôle ceci, que vont-ils penser de moi si…
Krishnamurti disait : « L’ego est l’observateur. Et tant que l’observateur est là, la vérité ne peut être. » Cet observateur, qui compare, juge, se défend, n’est autre que la peur sous une forme mentale.
Il est essentiel ici de faire une distinction : toutes les peurs ne viennent pas de l’ego.
Certaines peurs sont instinctives, vitales, programmées biologiquement : fuir un incendie, éviter une situation réellement et directement dangereuse, se protéger d’un tremblement de terre. Ces peurs appartiennent au vivant, elles sont précieuses et assurent la survie.
Mais la grande majorité des peurs que nous portons au quotidien ne sont pas de cet ordre. Ce sont des peurs mentales, créées, apprises, transmises au fil des générations.
Peur du rejet, peur de l’échec, peur du jugement, peur de ne pas être aimé… elles prennent racine dans notre histoire, dans notre culture, dans des héritages inconscients transmis dans nos éducations et en partie inscrits dans nos cellules.
C’est ce que certains appellent la mémoire transgénérationnelle, mais aussi et surtout, ces peurs sont le fruit de notre vécu au travers d’une myriade de situations plus ou moins confrontantes qui constituent au fil du temps une partie de notre personnalité. Et l’ego, dans cette dynamique, ne fait que construire des armures pour tenter de nous en protéger.
Mais ces armures ne nous protègent pas, elles nous divisent.
Car plus nous renforçons l’ego, plus nous nous éloignons de notre nature consciente, libre, présente. Et nous nous éloignons bien évidemment les uns des “autres” par projections de nos mondes intérieurs sur le monde extérieur.
L’ego est un mouvement de contraction, il veut figer ce qui est mouvant. Il crée des identités rigides, des scénarios répétitifs. Il nous enferme dans des rôles, des masques, des “moi” figés. Et à chaque fois, derrière ces identités, il y a une peur : celle de disparaître.
Le paradoxe, c’est que cette peur de disparaître ne touche pas notre être profond. Elle touche le personnage que nous avons construit. Et plus nous le confondons avec notre vraie nature, plus la peur devient intense et présente au quotidien.
C’est là que la conscience entre en jeu.
Je vous parle souvent dans ces newsletters de cet espace de silence qui est déjà là, en nous. Cet espace où les pensées se calment, où les identifications se dissolvent, où la présence devient notre ancrage. Cet espace ne connaît ni peur, ni ego. Il est.
C’est pourquoi il ne s’agit pas de combattre dans une lutte interne l’ego ni de vouloir “se libérer” de la peur. Cela ne ferait que renforcer cette prison interne. Il s’agit de voir clairement, d’observer sans jugement et d’accueillir sans résistance ce qui est afin de nous éveiller, pas à pas, moment par moment.
Voir que derrière chaque besoin de contrôle, chaque crispation, chaque réaction émotionnelle, chaque conflit interne, il y a une peur. Et que cette peur alimente une histoire, un rôle, une illusion.
Et puis, doucement, se demander : “Qui suis-je véritablement sans cette histoire ?”
Ce n’est pas une question à laquelle le mental peut répondre. C’est une question à ressentir, à laisser résonner.
Et plus vous vous reliez à cet espace d’observation pénétrante et lucide, plus l’ego reprend sa juste place. La peur n’a plus besoin de construire de nouvelles défenses, parce qu’elle est vue. Et une peur vue, ressentie en pleine conscience, sans distorsions, commence déjà à se transformer.
Dans les pratiques et transmissions, je vous invite souvent à revenir à des choses simples et directement accessibles.
→ Respirer, pour sentir.
→ Bouger, pour délier ce qui a été figé.
→ Méditer, pour goûter à ce qui est.
→ Observer, pour permettre à l’évidence d’émerger.
L’ego n’est pas une erreur mais un passage.
Et si, aujourd’hui, vous regardiez “vos”, peurs non plus comme des ennemies à combattre, mais comme des messagères à écouter ou des tremplins pour vous révéler.
Je vous laisse méditer sur cela avec cette phrase de Krishnamurti : « Ce n’est que lorsque vous êtes totalement libre de la peur que vous pouvez voir ce qui est vrai. »

Je vous donne rendez-vous mardi prochain, nous verrons comment accueillir la colère et s’en libérer.
Avec gratitude,
Staiv
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