♾️ Qu’est-ce que la foi ?

À méditer... 💬

Chers tous,

Qu’est-ce qui nous pousse à subsister dans les moments difficiles ? Qu’est-ce qui nous pousse à faire un pas de plus, même lorsque nous ne savons pas vraiment où nous allons ?

Il y a une force que peu osent vraiment explorer dans une civilisation où le sacré est remplacé par la croyance ou nombre d’illusions superficielles et égocentriques mais qui permet tout cela, celle de la foi et c’est ce dont nous allons parler aujourd’hui.

Bonne réflexion.

La foi ne naît pas toujours de la lumière. Bien souvent, elle prend source dans l’obscurité. Elle surgit lorsque les repères s’effondrent, que les certitudes se dissolvent, que l’esprit, épuisé, relâche enfin son besoin de tout comprendre, de tout contrôler. C’est dans l’abandon, parfois contraint, parfois lucide, qu’émerge une présence incommensurable.

Une force sous-jacente à tout ce qui est, inexplicable, mais palpable. Une présence au-delà de tout concept, de toute croyance, quelque chose qui ne se pense pas, mais qui se sent. Quelque chose d’infiniment plus vaste que nous, et qui, dans un même instant, est essentiellement ce que nous sommes.

Ce n’est pas une idée, encore moins une croyance, c’est un état d’être qui se révèle quand le véritable lâcher prise est embrassé, quand le cœur s’ouvre à l’invisible et l’esprit à l’infini. Cela vient de l’intérieur, sans chercher à comprendre mais plutôt à ressentir, une présence qui se reçoit dans l’abandon et dans la capacité à ne plus résister à ce qui est.

Il n’y a rien à croire, car la foi ne repose sur aucune “preuve” ou raisonnement logique, elle s’infuse à travers nous bien au-delà de la dimension de l’intellect. Elle est une réponse de l’âme à l’appel de la Conscience qui s’exprime, sous la surface des pensées et des formes : « Fait totalement confiance, ici et maintenant, même si tu ne sais pas pourquoi. »

La foi nous permet d’entrer en relation avec l’inconnu sans chercher à le maîtriser, à attendre qu’il s’adapte à nos attentes. Là où le mental s’emballe pour anticiper et comprendre, la foi nous ramène dans l’évidence de l’instant et de ses potentiels illimités, avec un rappel perpétuel que tout ce que nous avons à vivre se joue ici, maintenant.

Cette confiance, lorsqu’elle est pleinement incarnée dans chaque cellule de notre être, ouvre un espace intérieur sans frontières. Un espace à partir duquel peuvent s’ouvrir des passages là où tout semblait bloqué, verrouillé, insurmontable. Elle n’efface pas les contrastes de l’existence, elle ne nie ni la douleur, ni les élans de joie. Mais elle les réconcilie dans une perception beaucoup plus vaste, une présence qui ne cherche pas à changer ce qui est, mais à l’accueillir totalement. De là, toutes les transformations deviennent possibles.

Ainsi, l’ombre et la lumière ne sont plus des opposés à fuir ou à choisir, mais les expressions mouvantes d’une même totalité. Et dans ce basculement de perspective, quelque chose s’apaise, quelque chose retrouve sa juste place. Le chaos n’est plus chaos, il devient une danse, et l’unité sous-jacente redevient perceptible. Nous pouvons ainsi entrer dans cette danse et choisir ce que nous voulons nourrir, conscients de se qui se joue derrière chaque apparence.

C’est dans cette qualité d’ouverture, sans peur ni attente, que l’intelligence illimitée devient perceptible. Elle nous donne une manière nouvelle de vivre, d’exprimer, de traverser, de transcender… avec force et de présence. Comme si quelque chose d’autre prenait les commandes à travers nous, une force impersonnelle, une intelligence universelle. Nous nous reconnaissons, fragment de l’univers non séparé de tout ce qui est, traversé par un mouvement infiniment plus grand, mouvement qui s’exprime naturellement, en résonance avec l’ordre cosmique.

Avoir la foi, ce n’est pas s’aveugler ni tout idéaliser. C’est demeurer dans une lucidité tranquille, détachée de l’agitation mentale et de cette idée limitée que l’on entretient autour du “moi”. Ce n’est pas une “vision rassurante”, ni une attente, c’est une qualité de présence qui naît lorsque l’on cesse de s’identifier à la forme, à ce qui change, à ce qui lutte.

La foi véritable ne fuit pas l’ombre, elle n’a pas besoin d’embellir ce qui est, elle embrasse la totalité de l’instant, même lorsqu’il est inconfortable ou obscur. Elle permet d’habiter pleinement ce que nous sommes, avec nos fragilités, nos forces, nos élans, depuis un espace intérieur éveillé et libre. C’est là que commence une autre façon d’être : sans peur illusoire, sans masque, sans séparation, sans limites.

Ce n’est pas une recette ou une méthode, il s’agit seulement de ne pas simplement se réduire à ce qui souffre ou meurt. Car la foi ne nous empêche justement pas de tomber mais bien de voir ce qui subsiste lorsque nous tombons.

Ce n’est pas cette présence qui efface les épreuves, mais elle transforme radicalement la manière dont elles sont traversées. Lorsque nous cessons de lutter contre ce qui est, quelque chose en nous se reconnait. Même si cela ne se voit pas toujours directement à l’extérieur, l’intérieur se réorganise profondément.

Pas à pas, la Conscience devient notre seul véritable appui, ce n’est plus une croyance, ni un espoir : c’est un savoir sans pensée. Une certitude dépouillée, enracinée dans l’instant et la paix. Et alors, ce n’est pas par volonté que l’on continue, mais par une clarté qui agit d’elle-même. Parce que ce qui demeure, au cœur de toute chose, n’a plus besoin de raisons pour avancer.

Cette chose sait et elle avance.

Puissent ces mots trouver du sens à votre endroit.

Mardi prochain, je vous propose d’explorer comment la méditation peut nous aider à reprogrammer notre réalité intérieure et à incarner une identité alignée.

Avec gratitude,

Staiv

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