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♾️ Prendre soin du corps, sans tomber dans l'ego
À méditer... 💬
Cher tous,
Aujourd’hui, j’aimerais aborder un sujet particulièrement d’actualité dans une société où l’importance de l’image n’a jamais été aussi importante : comment s’engager dans le bien-être et le développement de son corps sans que cela devienne une quête égocentrique sans fin ?
Bonne réflexion.

Prendre soin de son corps est souvent perçu comme un acte essentiel, une manière de revenir à soi, de cultiver la santé et l’équilibre. Mais très vite, ce qui devrait être un geste d’amour et de bon sens fondamental peut se transformer en une quête de perfection, en un territoire que l’ego s’approprie.
L’ego adore se glisser partout, même dans les espaces les plus sacrés. Il transforme le soin en performance, le mouvement en comparaison, la quête de santé en obsession de contrôle. On commence avec l’intention sincère d’écouter son corps, de l’honorer, de le développer… et sans même s’en rendre compte, on bascule dans autre chose. Une recherche du “mieux”, du “plus”, du “parfait”. On contrôle son alimentation à l’excès, on transforme la pratique du yoga ou de la méditation en trophées (pseudo) spirituels, en exigence (superficielles) quotidienne, on se juge quand on ne fait pas “assez”, quand le corps ne répond pas comme on voudrait.
Ce sont des pièges subtils, parce que la frontière est mince entre prendre soin et vouloir tout maîtriser. Entre l’amour de soi et le perfectionnisme déguisé.
Dans les sagesses orientales, ce déséquilibre est connu. Le taoïsme, le bouddhisme, le yoga nous rappellent que dès que l’intention bascule du soin vers le contrôle, du vivant vers la rigidité, nous quittons le chemin. Le Dalaï-Lama disait : « Prendre soin de soi n’est pas un luxe, c’est une responsabilité. Mais le soin n’est pas une prison, c’est un acte d’amour. »
Alors comment faire la différence ? Comment savoir si c’est le cœur qui guide ou l’ego ?
Le corps le sait, il le dit toujours. Quand le soin vient d’un espace juste, le corps se détend, il respire, il s’ouvre, il retrouve de la fluidité. Quand le soin est récupéré par l’ego, il se densifie, se fatigue et résiste.
L’état de clarté mentale au quotidien, le type d’émotion ressenti, la sensation d’être aligné ou non avec son chemin concernant la manière de prendre soin du véhicule de l’âme sont autant de miroirs directs de notre manière d’interagir avec lui et du degré de justesse.
La grande clé, c’est l’écoute, la lucidité, une écoute honnête, sensible, sans attente de résultat. Agir avec foi et honorer le divin en nous, par nous.
S’investir dans le bien-être de son corps, ce n’est pas cocher des cases ni chercher à atteindre un idéal conforme. C’est apprendre à être en relation avec lui, ici et maintenant, tel qu’il est. Certains jours, cela prendra la forme de certaines formes de mouvements, d’engagements physique plus ou moins intenses et/ou ludiques, d’une marche en nature... D’autres jours, ce sera le repos, le silence, le fait de ne rien faire d’autre qu’être.
C’est se souvenir que le corps n’est pas un objet à optimiser mais un organisme vivant, extrêmement intelligent, qui a besoin d’attention.
Le piège de l’ego, c’est de croire que le bien-être est un objectif. Alors qu’en réalité, c’est un état naturel qui se déploie lorsque l’on cesse de lutter contre soi-même, contre le vivant. Cela demande d’approfondir, de poser régulièrement une question comme : est-ce que je fais cela depuis un espace de conscience… ou depuis un espace d’exigence aveugle, de comparaison, de peur ?
Quand l’élan vient de l’âme, il n’y a pas de rigidité. Il y a de la curiosité, de la bienveillance même dans la force, de la présence avant tout. Prendre soin de son corps, ce n’est pas se dire “je dois faire plus”, mais plutôt “comment puis-je être plus en lien dans l’expression de mes mouvements avec ce que je ressens ici et maintenant ?”
C’est une danse, une écoute qui s’ajuste en permanence. Une alliance entre la discipline et la souplesse. Un chemin où le soin n’est pas une obligation mais une hygiène spirituelle fondamentale. L’entraînement est un acte sacré.
Le corps n’a pas besoin d’être parfait. Il a besoin d’être aimé, respecté, honoré. Et paradoxalement, c’est quand on lâche l’idée de le perfectionner par le contrôle permanent qu’il retrouve sa vitalité naturelle.
La pratique change alors de goût. On ne fait plus du sport pour sculpter ou performer uniquement, mais pour respirer plus grand, pour sentir le vivant circuler, évoluer. On ne mange plus pour respecter des règles, mais pour nourrir la vie en soi. On ne médite plus pour devenir quelqu’un de meilleur, mais pour revenir à cet espace où il n’y a plus rien à devenir, juste être.
C’est cela, au fond, la voie du soin sans au-delà de l’égo. Une voie où chaque geste devient un geste de foi, où chaque respiration devient un retour à la source, où chaque mouvement devient un merci à ce temple qui nous porte depuis le premier jour.
Alors, aujourd’hui, je vous invite à observer. Quand vous prenez soin de votre corps, est-ce un acte d’amour ou un devoir superficiel ? Est-ce que cela vous allège ou vous contracte ? Est-ce que cela vous ouvre ou vous enferme ? Et cela au cœur des pratiques les plus douces comme des efforts les plus intenses.
Et si vous sentez que l’ego s’est glissé là, n’ayez de résistance. Il suffit de le reconnaître, avec bienveillance. De respirer, de revenir ici et maintenant au contact du miracle d’un corps qui respire, qui vit, qui n’a besoin de rien d’autre que d’être habité et aimé.

Je vous donne rendez-vous mardi prochain, nous un sujet qui, je pense, vous parlera tout particulièrement : Être en paix dans un monde profondément malade.
Avec gratitude,
Staiv
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