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♾️ Comment "habiter son corps" ?
À méditer... 💬
Chers tous,
Aujourd’hui, j’aimerais vous inviter à explorer cette question simple en apparence, mais qui porte en elle une profondeur vitale : que signifie vraiment “habiter son corps” ?
Et surtout, comment manifester cela, au quotidien ?
Bonne réflexion. 🙏🏻

On entend souvent ces mots : revenir à soi, s’ancrer, habiter le corps. Mais derrière ces expressions, il y a parfois un flou, une idée abstraite, presque ésotérique.
Alors, que veut dire concrètement habiter son corps ?
Ce n’est pas simplement être conscient de sa posture ou de ses mouvements. Ce n’est pas non plus une technique à appliquer, ni une case à cocher sur le chemin de l’éveil. C’est une manière d’être, de revenir à la maison, au véhicule.
La plupart du temps, nous ne sommes pas dans notre corps. Nous sommes dans nos pensées, nos projections, nos inquiétudes. Nous habitons plus fréquemment un monde mental qu’un espace corporel.
Le corps devient alors un outil, une simple machine que l’on utilise en mode automatique. Parfois en le respectant, mais souvent en le malmenant. Ou en l’oubliant, tout simplement.
Habiter son corps, c’est faire exactement l’inverse. C’est cesser de considérer le corps comme un objet séparé et revenir dans cet espace vivant, vibrant, organique… Sentir qu’il est le point de départ de tout.
C’est sentir, et expérimenter de l’intérieur, ce qu’on a trop souvent regardé de l’extérieur.
C’est écouter les signaux subtils comme une tension, une chaleur, un frisson, un rythme cardiaque. C’est ressentir l’alignement de son dos, l’appui des pieds au sol, le mouvement de la respiration.
C’est reconnaître que le corps est bien plus qu’un amas de chair et d’os ou une partie de notre identité. Dans les sagesses ancestrales, le corps est un temple, un espace sacré, véhicule de l’âme. Le lieu même de la conscience incarnée.
Le taoïsme enseigne que le corps est la première demeure de l’esprit et que la sagesse ne peut se révéler que lorsque l’énergie circule librement dans cette demeure.
Thich Nhat Hanh disait : « Le miracle n’est pas de marcher sur l’eau, mais de marcher sur la terre, pleinement vivant, avec chaque pas. »
Habiter son corps, c’est exactement cela, être là avec chaque pas, chaque souffle, chaque sensation.
Et pourtant, ce n’est pas si évident pour notre espèce…
La société actuelle nous apprend à développer le mental, les mondes extérieurs et digitaux, amputant la sensitivité, ignorant le langage du corps humain qui est pourtant la plus haute technologie connue selon notre perception actuelle de l’univers et du vivant.
Souvent même, le corps devient un lieu d’inconfort pour cause de tensions qu’il porte, de blessures et de mémoires non intégrées. Alors, on s’en éloigne inconsciemment pour se réfugier dans le mental et son mécanisme de protection, l’ego.
Mais fuir le corps, c’est fuir la vie, car tout ce qui est vivant se manifeste ici, dans cette dimension physique. Le plus grand piège, c’est de croire que l’éveil est ailleurs. Là-haut, dans une idée spirituelle, dans un état spécial réservé aux élus.
Non. L’éveil, la paix, la présence… Tout cela commence dans le simple fait de revenir au corps, au souffle à la conscience incarnée. Concrètement, cela signifie ralentir la pensée compulsive, observer et ressentir ce qui est. Agir avec toutes nos cellules.
Cela veut dire, par exemple le matin en se levant, prendre quelques instants pour sentir la gravité, le poids du corps sur le matelas, le contact des pieds avec le sol ,la respiration qui s’éveille et mettre progressivement le corps en mouvement.
Cela veut dire également, au cours de la journée, se questionner sur son état physique : suis-je tendu ? Où est ma respiration ? Est-elle fluide ou retenue ? Mes épaules sont-elles crispées ? Mes mâchoires serrées ? Et à chaque fois qu’on observe, ramener de la fluidité et de la présence.
C’est aussi, souvent, bouger et respirer plus profondément. Non pas pour “faire un exercice”, mais pour laisser le corps retrouver ses mouvements naturels, internes et externes. Dans le yoga, on dit que le corps est cette technologie divinement perfectionnée permettant à la conscience de s’expérimenter et de s’éveiller. Chaque tension est une information à traiter.
Habiter son corps, c’est aussi accepter d’écouter, même ce qui dérange et qui est inconfortable. Car c’est dans cette écoute que commence la transformation. C’est un retour, une réconciliation, c’est le mouvement même de l’évolution.
Quand on habite pleinement son corps, quelque chose retrouve son harmonie fondamentale. Le mental s’éclaircit, le stress se dissipe, l’énergie remonte. On cesse de courir ou de chercher à l’extérieur. Il y a un apaisement profond ainsi qu’une qualité de présence qui s’installe naturellement.
Car on cesse d’être un spectateur de la vie et l’on redevient un acteur, un être vivant en relation avec chaque souffle, chaque pas et l’environnement.
Revenez ici, dans ce sanctuaire éphémère que vous n’avez jamais vraiment quitté, mais que vous avez peut-être oublié.
Le corps, votre première et dernière maison, votre ancrage à la vie, votre temple.

Je vous donne rendez-vous mardi prochain, nous verrons de quelle façon laisser la conscience s’exprimer à travers nous pour plus d’alignement.
Avec gratitude,
Staiv
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