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♾️ Avoir foi en l'inconnu
À pratiquer... 🧘🏻♂️
Chers tous,
Dans le caractère du genre humain, il est naturel de constamment chercher à comprendre, à expliquer, à savoir où nous allons. Cependant, sur le chemin intérieur, ce besoin de contrôle et de (re)vivre encore et encore dans le connu devient souvent l’obstacle principal.
“Apprendre” à méditer, c’est apprendre à faire confiance à un espace inconnu. C’est renoncer à rechercher une expérience particulière pour se laisser traverser par ce qui est, tel que cela apparaît.
Ce que la méditation révèle progressivement, ce n’est pas tant un état mystique, mais avant tout un goût profond de liberté.
La liberté de ne pas être prisonnier de ce qui apparaît, ou de nos schémas de résistance automatiques, la liberté de ne pas devoir être d’une certaine manière, la liberté de rencontrer la vie telle qu’elle est, sans la filtrer en permanence à travers nos idées de ce qu’elle devrait être.
Aujourd’hui, je vous invite à explorer cette part de la méditation que l’on ne peut ni forcer ni conceptualiser, celle qui enseigne l’art de ne rien faire d’autre qu’être et d’accueillir pleinement ce qui est.
Bonne écoute et lecture.

Programme :
🔊 De vive voix : Comment vivre la méditation comme une foi en l’inconnu ?
❓ Nos échanges : Comment observer mes pensées en méditation sans les analyser ou les transformer ?
💬 Une citation de Thich Nhat Hanh pour réfléchir.

🔊 De vive voix
Comment vivre la méditation comme une foi en l’inconnu ?
Avant toute chose, il est important de rappeler de quoi nous parlons ici lorsque nous parlons de méditation.
Non pas d’une technique pour aller mieux, se détendre ou corriger un état intérieur, mais de la méditation dans son sens le plus fondamental, authentique et originel : être pleinement avec ce qui est.
La méditation que nous nommons pleine conscience, pleine présence ou mindfulness s’inscrit dans la lignée des pratiques et sagesses ancestrales comme le Vipassana ou le Zazen. Une méditation qui ne cherche rien, ne produit rien et n’ajoute rien à tout ce qui est déjà là. Une investigation directe et pénétrante de l’expérience telle qu’elle est.
Nous avons appris à tout utiliser, les objets, les outils, les méthodes, parfois même le silence, avec une intention précise : obtenir quelque chose, changer un état, atteindre un résultat. Et lorsque nous rencontrons la méditation, nous avons naturellement tendance à l’aborder de la même manière, comme un moyen de se calmer, de résoudre un problème ou de mieux supporter ce que la vie nous demande.
Pourtant, la méditation authentique ne “fait” rien de tout cela.
Elle met simplement et radicalement en lumière ce qui, en nous, attendait déjà d’être ressenti, vu et accueilli. Elle nous apprend à regarder ce qui est là sans nous y perdre, sans le fuir, sans chercher à le transformer directement. Lorsque la méditation est sincère, il n’y a rien à accomplir. Il y a un corps vivant, vibrant, des sensations, des perceptions, des pensées, des émotions, et la conscience qui observe l’ensemble.
Face à ce qui est difficile et confrontant, méditer n’est pas analyser ni corriger. C’est respirer, observer et accueillir totalement. Laisser la conscience s’élargir suffisamment pour englober même ce qui dérange, et l’entièreté de notre personnalité avec tous ces modes de fonctionnement, jusqu’à ce que la frontière entre « problème » et « expérience » commence à se dissoudre. Ce n’est pas que la difficulté disparaît, mais elle cesse d’être un ennemi. Voir qu’une épreuve contient toutes les pièces et l’énergie nécéssaire à un fragment de notre éveil via le point précis qui nous affecte et nous amène à faire face en pleine conscience, à développer une lucidité profonde.
Entrer dans l’état méditatif demande alors quelque chose de très simple et de très exigeant à la fois : accepter de ne rien savoir. Marcher vers l’inconnu sans chercher à le maîtriser ni à l’anticiper. Peu à peu, on cesse de vouloir diriger l’expérience, et l’on découvre que l’enjeu n’a jamais été de régler quoi que ce soit, mais d’apprendre à demeurer pleinement présent à ce qui se présente.
Cette compréhension est essentielle, car elle constitue la toile de fond de toute pratique réellement transformatrice. Sans cette réelle présence, le travail énergétique par exemple, reste superficiel, la respiration devient mécanique, la visualisation se réduit à une projection mentale, et la manifestation se transforme en simple volonté de contrôle.
C’est à partir de la pleine présence que le pranayama, le breathwork, le travail énergétique ou la visualisation prennent une toute autre profondeur. Ce ne sont pas des “outils” pour fuir l’ego, et “nos” problèmes, mais des espaces, des états de conscience pour traverser, intégrer, reprogrammer le subconscient, se métamorphoser en profondeur depuis notre part la plus consciente, la plus divine.
L’audio que je vous partage aujourd’hui est extrait d’un échange avec l’un de mes élèves, juste après une pratique guidée. Nous avions pratiqué une méditation de pleine conscience, en commençant par l’observation du souffle, puis des différentes couches sensorielles, d’abord de manière analytique, puis globale. Nous étions passés ensuite par un bodyscan, avant d’entrer dans une exploration plus non-duelle, en observant le penseur, en retournant l’attention vers elle-même,
Bonne écoute.

❓ Nos échanges
Question : Comment observer mes pensées en méditation sans les analyser ou les transformer ?
Ce qui apparaît comme une pensée pendant la méditation n’est jamais seulement une pensée isolée mais tout le mouvement du mental qui cherche à contrôler ou éviter ce qui le traverse. Lorsqu’on s’assied en silence, on découvre vite ce paradoxe : on souhaite simplement observer, laisser être sans juger, mais une autre part de nous tente déjà de “bien observer”, de “méditer”, d’ajouter une image ou une explication là où il n’y en a pas besoin. Sans s’en rendre compte, le mental continue d’agir sur lui-même.
La méditation authentique commence lorsque nous renonçons totalement à cette intervention. Nous laissons la pensée surgir, se déployer puis disparaître, sans commentaire ni interprétation. On n’essaie plus de repousser le flot, mais nous cessons de nous y agripper, de nous y identifier. Une pensée n’est pas une chose fixe, c’est un mouvement impermanent, une vibration qui traverse la conscience, vit un instant puis s’efface.
Elle n’est ni un obstacle ni un problème, elle est. C’est une expression du vivant qui se manifeste naturellement à travers soi. La pensée est le prolongement du passé, du connu et l’expression de notre programmation interne, majoritairement inconsciente. Mais fondamentalement elle n’est pas nous.
Au début, cette compréhension semble abstraite. Mais en revenant régulièrement à cette simplicité, l’identification se relâche. Les pensées continuent d’apparaître, de se succéder, mais elles perdent leur intensité et deviennent un bruit lointain, un flux d’informations perçu sans véritable emprise. La science moderne confirme cette expérience : quand l’attention passe de l’analyse à l’observation pure, les zones du cerveau liées au contrôle s’apaisent et celles associées à la conscience ouverte s’éveillent.
Alors, comment faire concrètement ? S’asseoir, respirer, laisser venir. Quand une pensée surgit, la reconnaître simplement : « voilà une pensée ». Sans la juger, la combattre ni chercher à la poursuivre. Observer sa naissance, sa texture, puis sa disparition, et revenir au souffle ou au simple fait d’être là avec tout ce qui est.
Nous ne sommes pas la pensée, ni le penseur, mais ce qui observe ce qui émerge moment après moment, au même titre que les sons, les sensations corporelles ou le champ visuel. En méditation, nous devenons l’espace dans lequel toutes ces choses apparaissent d’elles-mêmes. À force de pratique, ce regard devient de plus en plus stable, vaste et pénétrant.
La méditation n’est pas un combat contre le mental mais une réconciliation. C’est reconnaître que les pensées apparaissent dans un champ bien plus large qu’elles, et que ce champ, silencieux, ouvert et illimité, c’est la conscience. Ne cherchons pas à observer ou à méditer “comme il faut”, observons simplement, pleinement, sans aucune attente de résultat, sans rien vouloir obtenir ou devenir. La paix n’attend pas la fin des pensées ; elle est déjà présente dans l’espace où elles naissent et s’effacent.

💬 Une citation pour réfléchir :
La méditation n’est pas une fuite, c’est un regard profond dans la réalité.

Cette édition prend fin ici. Puissiez-vous y trouver ce qui fait écho à votre cheminement.
Je serais ravi de savoir ce que vous en pensez :
Avez-vous apprécié cette édition ?
Non ❌
Je vous donne rendez-vous jeudi pour continuer de nous éveiller, ensemble,
Staiv
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