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♾️ Faire face à ses pensées.
À méditer... 💬
Bonjour à tous,
Aujourd’hui, j’aimerais vous inviter à vous pencher sur cette expérience à l’apparence banale, mais que beaucoup d’entre nous redoutent : la solitude face à ses pensées, face à soi-même.
Bonne réflexion. 🙏🏻

Pas seul dans un lieu, seul en soi.
Sans écran, sans distractions, sans bruit, sans tache à accomplir, rien que soi, face à ce mouvement de la pensée, de l’identité qui, ne s’éteint jamais vraiment.
Cela semble anodin et pourtant, ce face-à-face est pour beaucoup difficilement supportable. C’est même une source d’angoisse, un mal-être et un inconfort face “au vide” qui pousse à fuir et à occuper sans cesse le mental.
Combien de fois, en pleine journée, ouvrez-vous une application, allez-vous sur Instagram, TikTok, YouTube, vos mails, allumez-vous la télévision, vérifiez-vous une notification… Non pas parce qu’il y a urgence, mais parce que vous fuyez le vide et que le corps et l’esprit sont conditionnés depuis si longtemps, par notre civilisation, à être en activité perpétuelle. Ce vide-là, celui qui vous ramène à votre propre présence, sans rôle, sans but immédiat.
C’est une peur d’entendre ce qui, d’habitude, reste en fond sonore. Celle d’être témoin de soi, sans échappatoire.
L’esprit humain n’aime pas l’inconnu ni l’immobilité. Il préfère s’agiter dans le passé ou se projeter dans l’avenir plutôt que de s’ancrer ici, maintenant, dans la réalité brute de ce qui est.
Mais qu’est-ce qui rend cette solitude si pesante ?
Peut-être est-ce d’abord l’intensité de ce qui remonte.
Quand le mental n’a plus de distraction, il exprime son contenu non filtré. Des souvenirs oubliés, des colères refoulées, des regrets, des peurs, des envies inavouées. Tout ce qui, dans le flot du quotidien, reste compressé sous le poids de l’agenda.
Cela peut donner le vertige, car nous ne savons pas toujours quoi “faire” de ces pensées, nous ne savons pas comment réagir face à elles. Les accueillir ? Les combattre ? Les ignorer ? Aucun de ces choix ne semble juste, alors nous cherchons à les taire.
Mais plus nous fuyons, plus elles reviennent. Comme si la conscience non regardée devenait, au fil du temps, une forme d’oppression, une charge psychosomatique.
Car ce qui nous dérange le plus, ce n’est pas la pensée en elle-même, c’est l’identification à celle-ci.
Nous ne savons pas (ou avons énormément de mal) à faire la différence entre une pensée et nous. Nous croyons que parce qu’elle surgit, elle est vraie, qu’elle nous définit et a de l’autorité sur nous, qu’elle est nous.
Alors que cela demanderait simplement de travailler cette capacité de voir passer une pensée comme on regarde passer un nuage. Sans la retenir, sans l’interrompre. Juste l’observer sans l’absorber, sans s’y identifier : “voilà une peur”, “voilà un souvenir”, “voilà une envie”.
Rester seul avec soi-même demande du courage et du discernement, car c’est faire l’expérience de sa propre profondeur.
Nous sommes habitués à nous définir à travers les autres, à travers ce que nous faisons, disons et montrons.
Mais qui sommes-nous quand tout cela s’efface ?
Qui restons-nous dans le silence et l’espace absolu ?
Nous évitons à tout prix cette question, alors que c’est dans la pleine présence à celle-ci que naissent les réponses.
C’est un cap, au début, rester seul avec ses pensées est inconfortable, bruyant, chaotique. Mais si l’on persiste, si l’on traverse cette phase sans fuir, alors, progressivement, quelque chose s’apaise.
Les pensées perdent de leur force et deviennent mouvement. L’espace entre elles s’agrandit et il s’y passe quelque chose de précieux et de naturellement apaisant.
On découvre que l’on est toujours là, même quand les pensées s’arrêtent.
Et ce “moi” silencieux, qui n’est autre que notre être profond est certainement ce que nous cherchons depuis toujours.
Se retrouver seul avec son esprit, ce n’est pas se confronter à un ennemi interne.
C’est revenir à l’essence de l’être en vue de l‘exprimer pleinement, apprendre à vivre avec soi, avec patience, présence et amour.

Je vous donne rendez-vous mardi prochain. Nous aborderons une question que je reçois souvent : mon besoin de contrôle vient-il de l’ego ou de la peur ?
Avec gratitude,
Staiv
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