♾️Retenir pour mieux s'éveiller ?

À méditer... 💬

Chers tous,

Aujourd’hui, nous abordons un sujet souvent entouré de silence, parfois de gêne, mais pourtant profondément riche lorsqu’il est regardé avec conscience : la rétention séminale.

Pas comme un dogme, ni comme une discipline austère. Mais comme une invitation à ressentir ce qui circule en nous, à observer ce feu intérieur, si souvent dispersé, et qui pourtant, pourrait devenir lumière.

Bonne réflexion. 🙏🏻

La rétention séminale : un art de présence, une voie d’alchimie intérieure

La rétention séminale, dans son essence, n’a rien à voir avec une interdiction ou une austérité imposée de l’extérieur. Elle n’est pas non plus une morale rigide qui enferme le désir sous cloche.

Il s’agit plutôt d’un art intérieur, d’un engagement spirituel et précis envers soi, et envers les partenaires avec qui la sexualité consciente est partagée ; d’une redirection du flux vital, pour qu’au lieu de se dissiper vers l’extérieur, il remonte, éclaire, alchimise, transforme, irrigue, nourrisse et révèle.

Dans les traditions taoïstes, on parle du Jing comme d’une essence première, ce trésor enfoui dans la profondeur des reins, une énergie primordiale qu’il convient de préserver avec sagesse. Car elle constitue le socle de notre longévité, de notre clarté mentale, de notre force spirituelle.

Chaque éjaculation est alors vécue, non comme une faute, mais comme une perte, une sortie d’énergie qui aurait pu devenir lumière si elle avait été conduite autrement.

Le tantra, quant à lui, enseigne que cette énergie sexuelle, loin d’être sale ou inférieure, est l’expression même de Shakti. Cette puissance primordiale qui fait vibrer tout l’univers et que, par des pratiques de conscience, de respiration, de regard intérieur, il est possible de la faire circuler, de l’amener du bassin vers le cœur, du cœur vers l’esprit, et de l’esprit vers ce silence vibrant qu’on pourrait appeler éveil.

Mais pour la plupart d’entre nous, éduqués dans une culture où la sexualité est soit banalisée et vulgarisée, soit culpabilisée et restreinte, cette idée peut sembler étrange. On nous a répété que l’éjaculation régulière était un signe de santé et de “succès”, que la rétention pouvait causer frustration ou tension. Pourtant, si l’on ose l’expérience, ne serait-ce que quelques jours, simplement avec présence, curiosité et honnêteté, alors quelque chose de subtil commence à changer.

L’énergie, au lieu de se disperser, s’accumule mais elle ne devient pas tension : elle devient intensité. Elle ne devient pas frustration : elle devient vibration. Elle ne devient pas manque : elle devient plénitude.

Une plénitude différente : plus stable, plus ancrée, plus silencieuse. Comme si l’attention s’était déplacée du bruit vers la densité, de la périphérie vers le centre.

Ce n’est pas le désir qui est mauvais, mais le conditionnement qui en fait un automatisme. Ce n’est pas l’énergie qui est en jeu, mais sa direction.

Les anciens sages ne supprimaient pas le plaisir : ils le transfiguraient. Du pic qui chute à la vague qui élève. Du plaisir qui épuise au plaisir qui nourrit.

Cela demande de la patience, de l’écoute, de la finesse. La rétention n’est pas une crispation. C’est une respiration consciente. Un enracinement. Un mouvement subtil. Une sève qui remonte sans effort.

Repères taoïstes traditionnels sur la fréquence :

  • 20 ans : tous les 4 jours

  • 30 ans : tous les 8 jours

  • 40 ans : tous les 16 jours

  • 50 ans : tous les 20 jours

  • 60 ans + : aussi rarement que possible

Ces repères ne sont pas des règles, mais des invitations à ressentir la valeur de cette énergie.

Pratiques concrètes :

  • Contraction du périnée (Mula Bandha) et du muscle pubo-coccygien (PC) au moment de l’orgasme pour éviter l’éjaculation tout en laissant circuler l’extase

  • Respiration ascendante, visualisant l’énergie remontant le long de la colonne jusqu’au sommet du crâne

  • Apnée à poumons pleins pour stabiliser l’énergie dans les centres supérieurs

  • Focalisation intérieure sur le cœur ou le troisième œil pour sublimer l’énergie

Effets généralement observés :

  • Augmentation de la vitalité, de la clarté mentale.

  • Diminution des compulsions sexuelles et des dépendances.

  • Créativité, concentration, amour profond, alignement.

  • Sentiment d’unité entre corps, énergie et conscience.

Ce que dit la médecine moderne :

  • Il n’existe pas de contre-indication sérieuse à une pratique consciente et maîtrisée de la rétention.

  • Le sperme non éjaculé est réabsorbé naturellement par l’organisme.

  • L’effet "blue balls" (douleurs testiculaires temporaires) peut survenir en cas d’excitation prolongée et réprimée sans libération, surtout si la rétention est forcée ou crispée : cela se résout naturellement.

  • À éviter : contraction rigide, obsession de la performance sans conscience, rétention forcée sans respiration ni détente musculaire.

Évidemment, il ne s’agit pas du résultat d’un jour. Et surtout, cela ne doit pas devenir un objectif à atteindre, un trophée spirituel de plus à brandir ou encore une privation rigide. Il ne s’agit pas d’être “celui qui retient”, mais de devenir celui qui habite pleinement son énergie, qui la ressent, qui la connaît, l’accueille, et qui, lorsqu’il la laisse s’exprimer, ne le fait plus par habitude, par besoin ou par vide mais par amour, conscience et justesse.

Alors, si vous vous sentez appelés par cette recherche, commencez doucement, à l’écoute. Peut-être un jour, peut-être une semaine. Respirez, marchez, aimez, observez. Et voyez comment cette énergie, lorsqu’elle ne fuit plus, devient présence et force vitale augmentée. Comment ce corps, lorsqu’il n’est plus vidé, devient temple.

Je vous recommande ces ouvrages si ce sujet vous intéresse particulièrement :

  • The Multi-Orgasmic Man — Mantak Chia

  • Kundalini Tantra — Swami Satyananda Saraswati

  • Sexual Secrets: The Alchemy of Ecstasy — Nik Douglas & Penny Slinger

Je vous donne rendez-vous mardi prochain, nous verrons comment calmer sa colère intérieure grâce à la pleine conscience.

Avec gratitude,

Staiv

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