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♾️ Quand la présence devient guérison
À pratiquer... 🧘🏻♂️
Chers tous,
Notre monde tel que nous le connaissons, tel que nous l’alimentons et l’expérimentons valorise le contrôle, la performance à tout prix et la rapidité.
Peu à peu, nous avons appris à masquer nos ressentis profonds, dissimuler notre vulnérabilité, et à nous “tenir”, même lorsque tout dans notre être voudrait simplement ressentir.
La sensibilité loin d’être une faiblesse est une intelligence, une aptitude à percevoir ce qui est, et un langage à travers lequel la vie communique.
En étant présent, nos émotions cessent d’être des obstacles à gérer, elles deviennent des messagères, des passerelles entre le corps et la conscience et nous montrent là où la vie circule, là où elle appelle à être écoutée, accueillie et manifestée.
Aujourd’hui, je vous propose de revenir à cette intelligence du cœur et du corps, de réapprendre à écouter ce que nous ressentons, sans chercher à le contrôler et de laisser la présence transformer ce que la peur, le conditionnement ambiant ou l’anxiété nous empêche de traverser et d’exprimer.
Bonne écoute et lecture.

Programme :
🔊 De vive voix : Comment la présence transforme-t-elle nos ressentis en espaces de clarté et d’ouverture ?
❓ Nos échanges : Comment vivre le breathwork comme une voie de transformation plutôt qu’une technique de recherche d’expérience ?
💬 Une citation de Bouddha pour réfléchir.

🔊 De vive voix
Comment la présence transforme-t-elle nos ressentis en espaces de clarté et d’ouverture ?
Depuis l’enfance, on nous apprend à nous contenir : à “garder le contrôle”, à ne pas pleurer, ni rire, ni eternuer trop fort, à éviter de montrer ce qui cherche à sortir de nous. Peu à peu, nous en sommes venus à confondre la rigidité avec la solidité, l’insensibilité avec la force, et à force de vouloir tout comprendre mentalement, nous avons souvent oublié comment sentir, réellement.
Pourtant, notre sensibilité, notre capacité à ressentir est une intelligence majeure. Elle nous permet le contact direct avec le mouvement même de la vie et sa nature impermanente. Elle constitue le langage du corps et du subtil, un système de perception d’une précision infinie où chaque émotion devient un appel à revenir vers soi, à être pleinement avec ce qui est dans l’instant, sans besoin de passer par le filtre de notre identification au passé et l’image figée que nous avons de nous-mêmes.
Lorsque l’on apprend à l’écouter et à la laisser nous traverser sans la juger, sans tomber dans la sensiblerie égocentrique, elle cesse d’être une source de conflit interne pour devenir la grande porte vers nous-même.
La colère par exemple, quand on ose la reconnaître, indique la limite à poser. La peur, lorsqu’on la respire et l’intègre plutôt que de la contenir ou de s’y noyer, se transforme en lucidité. La tristesse pleinement accueillie révèle souvent une forme profonde de tendresse et d’empathie.
Revenir à ce qui est, en présence, c’est offrir à ces mouvements intérieurs un véritable espace pour exister et se transformer naturellement. C’est renoncer à vouloir constamment se “corriger” pour choisir d’embrasser pleinement ce que l’on vit. C’est dans cette qualité d’écoute que la sensibilité peut redevenir un organe de perception très fine, une force d’expression authentique, un pont entre l’âme et le monde.
Le court vocal que je partage aujourd’hui est une invitation à cela : renouer avec cette part vibrante du soi qui ressent tout, à chaque instant de nos vies, et qui, à travers la présence retrouve sa justesse et sa puissance.
Bonne écoute.

❓ Nos échanges
Question : Comment vivre le breathwork comme une voie de transformation plutôt qu’une technique de recherche d’expérience ?
Notre époque se fascine pour les sensations fortes, et même dans le domaine “spirituel”, il devient facile de croire que pour “évoluer”, il faudrait traverser des états extraordinaires, spectaculaires. Le breathwork, en raison de la puissance des expériences qu’il peut provoquer, n’échappe pas à cette illusion.
Certains y cherchent la catharsis a tout prix, d’autres la transe flamboyante, d’autres encore un instant d’extase masquant une fuite, alors que le souffle, lorsqu’il est abordé avec conscience, ne demande pas d’être poussé : il invite simplement à se laisser respirer, a être pleinement présent à ce qui est, et à respirer avec tout ce qui émerge naturellement lors d’une pratique sincère.
La respiration consciente n’a rien d’une performance ; elle est avant tout une rencontre pour révéler ce qui est déjà présent, juste sous la surface. Chaque souffle est un miroir et un catalyseur qui met en lumière les zones de notre être en résistance, et c’est précisément dans cette observation/activation que l’ouverture se crée.
Les traditions ancestrales, du yoga au chamanisme, le rappellent depuis toujours : le souffle est un pont entre le visible et l’invisible, entre le corps et la conscience. Lorsque nous respirons en pleine présence, nous ne faisons pas qu’oxygéner nos cellules, nous rééduquons aussi notre manière d’être en relation avec le vivant. Chaque inspiration relie, chaque expiration libère ; c’est une danse entre expansion et abandon.
Pour que cette danse devienne réellement transformatrice, il est nécessaire de renoncer à contrôler la chorégraphie. Une seule séance peut évidemment bouleverser, mais c’est la répétition, la sincérité, l’humilité et la qualité de présence qui façonnent le véritable travail intérieur. Comme dans toute voie authentique, ce n’est pas l’intensité d’un instant qui sculpte l’être, mais la régularité.
Le breathwork n’est pas un outil pour “aller mieux”. C’est une voie d’écoute profonde, une voie de dépouillement, une voie d’éveil où le souffle devient enseignant et médecine. Il ne cherche pas à emmener ailleurs, il ramène ici.
Sur le plan physiologique, il agit telle une alchimie interne : il modifie les niveaux de CO₂ et d’O₂ pour permettre une cascade d’effets amenant à des état de consciences modifié et élargis et régule le système nerveux, et par ce relâchement, libère les mémoires enfouies. Sur le plan psychologique, il ramène à la surface ce qui avait été repoussé, offrant au corps l’espace nécessaire pour intégrer ce que le mental avait figé. Et sur le plan spirituel, il reconnecte à ce qui, dans notre essence, respire depuis toujours : cet espace sans contour, silencieux et inaltérable que nous nommons “Conscience” ou part Divine.
Vivre le breathwork comme une voie, c’est accepter que chaque pratique soit unique : parfois intense, parfois douce, parfois confuse, parfois limpide. Le souffle ne triche pas, il montre simplement où l’on se trouve. C’est là que réside le véritable miracle, ne plus chercher à “réussir” une séance, mais apprendre à se rencontrer à travers elle.
Ce qui transforme n’est pas ce qu’on vit, mais la manière dont on le vit. Lorsque le souffle continue d’imprégner le quotidien, il cesse d’être une simple pratique ou une “expérience forte” pour devenir une manière d’habiter le monde et de cheminer intérieurement.
Respirer ainsi, c’est apprendre la confiance profonde et le lâcher prise véritable, c’est s’en remettre à l’intelligence du vivant, c’est comprendre que la libération ne naît pas de la force, que l’éveil ne vient pas du contrôle mais de la présence et de l’abandon. Et dans cette présence, le souffle cesse d’être un moyen d’aller quelque part, il devient le chemin lui-même.

💬 Une citation pour réfléchir :
Tout ce que nous sommes est le résultat de ce que nous avons pensé. L’esprit est tout. Ce que nous pensons, nous le devenons.

Cette édition prend fin ici. Puissiez-vous y trouver ce qui fait écho à votre cheminement.
Je serais ravi de savoir ce que vous en pensez :
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