♾️ Qu'est-ce que le troisième œil ?

À méditer... 💬

Namaste à tous,

J’aimerais aujourd’hui vous parler d’un regard qui ne passe pas par les yeux, mais par un espace plus subtil, plus silencieux, à la croisée des mondes.

Un regard sans objet, sans direction, sans effort, ce que les grandes traditions nomment le troisième œil.

Bonne réflexion. 🙏🏻

Ce n’est pas un mythe mystique, ni une illusion ésotérique, mais un point d’ancrage subtil entre la conscience et la réalité, entre ce qui perçoit et ce qui est perçu, entre l’invisible et ce qui éclaire.

Ce centre, les anciens yogis l’ont nommé Ajna en sanskrit, ce qui signifie « commande » ou « centre de direction ». Il est situé symboliquement entre les deux sourcils, là où le mental s’apaise, là où le flux des pensées et l’ego peuvent momentanément se suspendre pour laisser place à une intelligence beaucoup plus vaste.

Cet œil, on ne l’ouvre pas par la volonté, mais par une écoute profonde, de désidentification, de présence absolue. Il n’est pas lié à une technique en particulier, mais à un état d’être, à une disposition intérieure qui ne cherche plus à voir pour comprendre, mais à être pour percevoir.

D’un point de vue physiologique, certains chercheurs ont associé ce point de conscience à la glande pinéale, logée au centre du cerveau, petite comme un grain de riz et pourtant immense dans ce qu’elle régule. Responsable notamment de la sécrétion de la mélatonine, elle gouverne les rythmes circadiens, le sommeil, mais pourrait aussi, selon plusieurs hypothèses sérieuses, être impliquée dans la production de DMT, cette molécule endogène retrouvée dans certaines expériences de mort imminente ou d’éveil mystique.

Même si la science peine encore à saisir toute la portée de ces observations, elle commence à confirmer ce que les anciennes sagesses savaient déjà : il existe en nous des structures sensibles au silence, à la lumière intérieure, au retrait du monde illusoire, capables de modifier profondément notre perception et notre état de conscience.

La médecine chinoise, le taoïsme, les traditions yogiques, le chamanisme… toutes ces voies ont reconnu depuis des millénaires l’existence d’un lien profond entre la conscience, l’énergie, la spiritualité et la santé. Dans ces traditions, l’œil intérieur n’est pas simplement un centre de vision subtile, il est aussi un point d’équilibre énergétique, un carrefour entre les pôles et méridiens du corps, un organe de discernement.

On dit qu’il ne voit pas les choses, mais qu’il voit à travers elles, et ce qu’il révèle, ce n’est pas une image, mais un état, l’essence de l’être. Ce n’est pas une projection, mais une résonance. Il ne donne pas accès à plus de contenu mental, mais à moins de confusion et de distorsion égocentriques. Il ne regarde pas davantage, il voit plus juste.

Ce sens oublié s’active souvent dans le silence, dans les moments de suspension, dans les états méditatifs profonds où le flot incessant des pensées perd de sa densité. Ce regard apparaît parfois à la faveur d’une respiration lente, d’un mouvement précis, d’un relâchement du contrôle ou encore d’une activation intense du système énergétique du corps. Il se manifeste comme une clarté inconnue, comme un recul naturel face aux événements, comme un élargissement de la perception qui rend tout plus simple, plus calme, plus vrai et bouleversant de beauté.

On le sent parfois physiquement : une chaleur entre les sourcils, une pulsation fine dans le front, un relâchement dans les yeux ou même dans la mâchoire. Ce ne sont pas des phénomènes à chercher, mais des signes discrets que quelque chose s’aligne.

Dans la voie dans laquelle je m’inscris pour enseigner, ce centre est abordé non pas comme une finalité, mais comme une conséquence naturelle de la pratique et du cheminement de conscience quotidien. Il ne s’agit pas de vouloir l’ouvrir en force, mais de cultiver les intentions et conditions de sa floraison.

La méditation, la respiration consciente, la visualisation, le silence, le ralentissement, l’hygiène holistique sont autant de voies d’accès. Mais c’est la qualité de présence, l’intention, et l’abandon de l’attente qui le révèlent véritablement. Et c’est cela, peut-être, le plus difficile dans ce chemin : désapprendre à vouloir voir, pour enfin apprendre à laisser venir.

Contrairement à ce que beaucoup pensent, le troisième œil n’est pas une porte vers des mondes imaginaires ou des visions hallucinées, mais une capacité à rencontrer le réel justement, avec un regard neuf, libre des filtres habituels.

Il ne s’ouvre pas dans la volonté intellectuelle de percevoir autre chose, mais dans l’acceptation profonde de ce qui est. Il s’ouvre quand on cesse de projeter. Il s’ouvre quand « je » se tait intérieurement. Et il transforme, non pas les objets de notre vie, mais notre rapport à eux. Il ne change pas les circonstances, mais la manière de les habiter, de les transcender. Il ne remplace pas nos yeux physiques, il les libère.

Car nous avons été conditionnés à croire qu’il fallait deux yeux pour regarder. Mais il en faut un seul pour voir. Je vous invite à ne pas chercher à forcer cette ouverture, mais à observer ce qui, en vous, la maintient encore fermée. Cela peut être une tension, une peur, une croyance, un besoin de contrôle. Car ce centre n’a pas besoin d’être activé, il a simplement besoin d’être libéré. Et c’est tout le sens de la pratique : non pas obtenir plus, mais enlever ce qui empêche. Retirer les couches. Alléger le regard. Et permettre à la lumière intérieure, déjà présente, de percer à nouveau.

Je vous donne rendez-vous mardi prochain, nous aborderons ce que le corps nous explique à travers les problèmes de peaux.

Avec gratitude,

Staiv

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