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♾️ Quand l'ego se déguise en empathie
À méditer... 💬
Chers tous,
Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’empathie, cette capacité d’entrer en résonance avec l’autre, de sentir son monde intérieur et de comprendre ses émotions.
C’est un mouvement d’ouverture qui relie les êtres, mais également, un espace de confusion dans une société malade : comment être authentiquement empathique sans que l’ego s’en empare et transforme ce don en illusion ?
Bonne lecture.

On associe souvent l’empathie à une qualité indiscutable, une vertu absolue, on nous dit dans de nombreuses sagesses qu’il faut être empathique pour être humain, pour être bon et “spirituel”. Et c’est vrai, dans une certaine mesure, mais ce qui est rarement dit, c’est que l’empathie, colorée par l’ego, peut aisément devenir un piège.
Car l’ego adore se cacher derrière des vertus, ou plutôt l’idée d’être vertueux, il aime se déguiser en sauveur, en consolateur, en guide. Il aime s’identifier à l’image de celui qui comprend tout, qui accueille tout, qui se sacrifie pour les autres. Mais à ce stade-là, ce n’est plus vraiment de l’empathie mais une stratégie, une manière subtile et inconsciente de renforcer son importance.
Alors, comment distinguer l’une de l’autre ?
L’empathie véritable ne demande rien, elle n’attend rien, elle ne se mesure pas à la reconnaissance reçue, aux “merci” ou aux regards admiratifs. Elle est un mouvement naturel de la conscience, du cœur, qui s’ouvre et ressent, sans se perdre ni se diluer.
Quand l’ego s’en mêle, l’empathie devient compassion conditionnelle, artificielle. Elle peut se transformer en désir de contrôler, en besoin d’être validé, ou en attachement excessif aux souffrances de l’autre, au lieu d’alléger, elle alourdit.
Avez-vous déjà remarqué cette tendance à vouloir que l’autre aille mieux, non pas seulement pour lui, mais pour que nous, nous soyons soulagés, galvanisés ? Ou cette difficulté à poser des limites, par peur de décevoir, de ne plus être aimé, alors même qu’on sent que l’on se vide intérieurement ? C’est souvent là que l’ego glisse son fonctionnement dans le geste de l’empathie.
L’enjeu n’est donc pas d’être moins empathique, au contraire, mais de purifier notre regard.
Cela demande d’abord de comprendre que ressentir avec l’autre n’implique pas de porter son fardeau. L’amour véritable n’est pas une absorption de la souffrance, mais une présence qui éclaire. Quand nous croyons devoir tout prendre, tout absorber, nous confondons empathie et fusion, et la fusion, loin de guérir, étouffe, consume.
L’empathie consciente se tient à une juste distance, elle n’est ni froide, ni sacrificielle. Elle ne dit pas : “Je vais souffrir avec toi pour prouver mon amour”. Elle exprime plutôt : “Je suis là, je ressens, je comprends, et je reste debout avec toi”.
C’est là que se joue la différence, l’ego se nourrit de l’histoire, de l’identification, il s’y accroche, il en fait un rôle. La conscience pure, elle, se relie sans s’identifier, sans s’attacher, elle accueille sans se perdre. C’est cela aussi, le véritable sens d’une vie religieuse.
Mais attention, cette justesse ne se décrète pas, elle se cultive intérieurement, dans la lucidité, dans l’écoute et l’observation de ses propres mouvements intérieurs. Chaque fois que vous sentez que votre empathie se charge d’attentes ou de besoin de reconnaissance, vous pouvez respirer et observer : “Est-ce que je suis en train d’aider pour l’autre, ou pour moi ?”
Il n’y a pas de jugement à porter, nous avons tous ces élans mélangés. Ce qui importe, c’est de voir où l’ego s’invite, voir quand le geste est pur. Voir quand il ne l’est pas et à force d’observer, la clarté se fait. La transformation de notre état d’être et de notre rapport aux relations s’opère.
L’empathie consciente ne cherche pas à sauver egocentriquement, elle n’est pas une mission héroïque. Elle est une présence humble et incarnée, elle ne se formule pas en “Regarde comme je suis là pour toi”. Mais plutôt : “Je marche à côté de toi, avec mon humanité et la tienne”.
C’est dans cette humilité que l’amour devient guérisseur, il ne prend pas la place de l’autre. Il lui laisse son espace, son chemin, sa responsabilité et il lui offre un miroir de conscience.
Nous oublions parfois que l’amour véritable ne protège pas de la douleur, il ne supprime pas les épreuves. Mais il transforme la façon dont elles sont vécues et transcendées. Être en empathie, ce n’est pas effacer la souffrance, c’est permettre qu’elle soit vue et accueillie, voire transmutée sans s’y perdre.
Et c’est peut-être cela, la frontière la plus subtile : ressentir la souffrance d’autrui sans s’y engloutir, rester relié certes, mais ancré pour pouvoir agir en conscience.
Alors, la question n’est certainement plus “Comment être empathique ?” mais plutôt “Comment rester conscient et présent lorsque j’ouvre mon cœur à l’autre ?”
L’ego veut des rôles et des récompenses pour ces derniers, la conscience offre une présence pure.

Puissent ces mots résonner chez vous.
Je vous donne rendez-vous mardi prochain, nous aborderons 10 principes simples pour manifester votre vie de rêve.
Avec fraternité,
Staiv
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