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♾️ Traverser sans résister
À pratiquer... 🧘🏻♂️
Chers tous,
Sur le chemin intérieur, nous traversons des phases où notre mécanisme de protection, ce que l’on nomme l’ego, baisse momentanément les armes. Des moments où l’identité, ancrée dans le passé et ses repères habituels, perd de sa solidité, où la conscience s’ouvre, s’étend plus largement.
La méditation, la présence nous conduisent, au fil du temps, vers ces états d’intensité et de liberté, ces espaces hors du temps et du conditionnement mental. Des instants de dissolution et d’expansion, où des tensions, des mémoires ou encore un sentiment de vide peuvent apparaître, précédant des phases de libération, de transformation. Ce que nous traversons alors est un retour vers ce que nous sommes profondément, notre essence toujours présente, bien avant l’élan de vouloir tout comprendre ou tout maîtriser.
Aujourd’hui, nous explorons ensemble un fragment de cette traversée, celle des phases de « petites morts » psychologiques, égotiques, et d’embrasser la mortalité comme voie de justesse, de liberté et de paix.
Bonne écoute et bonne lecture.

Programme :
🔊 De vive voix : Accueillir la mort symbolique de l’ego sans peur ni contrôle.
❓ Nos échanges : Comment accueillir et gérer une sensation de blocage physique durant une pratique de méditation ?
💬 Une citation de Jack Kornfield pour réfléchir.

🔊 De vive voix
Accueillir la mort symbolique de l’ego sans peur ni contrôle.
Parler de mort égotique, de mourir avant de mourir, revient à évoquer une expérience que les mots peinent à contenir. On ne parle évidemment pas ici de la mort du corps, mais de celle des repères auxquels nous nous accrochons pour avoir le sentiment d’exister, de contrôler, de (sur)vivre…
Cette mort intérieure, dont toutes les grandes traditions contemplatives nous parlent depuis des millénaires, n’a rien de tragique ; bien au contraire, c’est un dépouillement, une mue indispensable pour que quelque chose de bien plus vaste puisse naitre et respirer à travers nous. Sur ce chemin, le mental se défend et tente de comprendre, de résister, ce qui est tout à fait naturel.
Puis vient un moment où la conscience ne peut plus continuer à s’identifier aux rôles, aux mémoires et aux histoires qui la limitaient. Alors ce que nous pensions être commence à s’effriter, et la peur de disparaître surgit.
Pourtant, au centre de ces moments de passage, il y a une transformation profonde et vitale, celle d’un moi restreint qui s’incline devant une dimension incommensurable. Cette mort intérieure devient alors la possibilité de toutes les renaissances. Elle ouvre la voie à la véritable liberté, à l’expression de notre part divine, à l’amplitude de notre existence, à la fois éphémère et éternelle.
Le vocal de cette semaine traite de cela.
Bonne écoute.

❓ Nos échanges
Question : Comment accueillir et gérer une sensation de blocage physique durant une pratique de méditation ?
Quand le corps se pose dans le silence et la présence, il commence à parler. Il arrive que ce langage prenne la forme d’une tension, d’un mouvement, d’une densité dans une partie du corps. On pense alors que quelque chose se “passe mal”, que l’on “fait mal” la pratique, alors qu’en réalité c’est tout l’inverse : c’est le signe que la méditation commence à agir.
Dans ces moments-là, il ne s’agit pas d’un (énième) problème à résoudre, mais d’un message à entendre. Le corps est un temple vivant, porteur de nos mémoires et nos émotions, souvent non intégrées. Lorsque l’espace intérieur devient assez calme, tout ce qui avait été repoussé cherche à remonter pour être enfin accueilli.
L’erreur serait de forcer, de vouloir dépasser la sensation mais aussi de vouloir la comprendre mentalement. Ce que le mental voudrait effacer, la conscience invite simplement à le rencontrer. Le but n’est pas de contrôler, mais d’accompagner, respirer plus doucement, dans cet espace qui s’ouvre, laisser circuler et s’exprimer ce qui se présente et faire pleinement confiance au rythme naturel du corps.
Chaque tension correspond à un mouvement d’énergie qui se révèle. Rester présent, sans projeter de jugement, permet à cette énergie de trouver d’elle-même la voie pour se libérer. Ce n’est pas un effort à fournir, mais un relâchement conscient, un travail d’alchimie intérieure qui se déroule de manière naturelle.
Le corps est un miroir précis de la conscience, il montre les zones où quelque chose est enfoui, où l’on retient, où l’on hésite à sentir, à faire face. Et plus la présence devient subtile, profonde, plus ces zones se relâchent, permettant au flux de vie de reprendre son mouvement originel.
Ce que tu ressens n’est donc pas un blocage, mais la vie qui revient frapper à la porte. Ne la repousse pas, respire, observe, accueille, lâche, même dans l’inconfort, même dans la tempête. La paix s’installe ainsi, non pas en évitant ce qui se présente, mais en l’embrassant avec bienveillance et lucidité.
Avec le temps, cette attitude transforme tout : le corps s’ouvre et se régule, le mental se dépose, il reprend sa juste place et la méditation cesse d’être une pratique exigeante pour devenir un retour naturel. Un retour perpétuel vers l’unité et l’harmonie du corps et de la conscience.

💬 Une citation pour réfléchir :
Le corps se souvient de ce que l’esprit tente d’oublier.
En l’écoutant avec bienveillance, nous retrouvons le chemin de la paix.

Cette édition prend fin ici. Puissiez-vous y trouver ce qui fait écho à votre cheminement.
Ensemble,
Staiv
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